Le statut du Centre National Dramatique
Depuis 1972, le contrat de décentralisation dramatique définit les missions des Centres dramatiques nationaux.Un Centre dramatique national est dirigé par un artiste directement concerné par la scène : acteur, metteur en scène, auteur, dramaturge, scénographe. Un administrateur ou un animateur peut aussi, exceptionnellement, diriger un Centre dans le cadre exclusif d’une codirection avec un artiste.Le contrat entre le ministre chargé de la culture et le directeur du Centre dramatique national est pluriannuel.
En assumant la charge d’un Centre dramatique national, le directeur s’engage à remplir une mission de création théâtrale dramatique d’intérêt public.
Dans la zone définie par le contrat, il doit faire de son centre un lieu de référence nationale et régionale pour la création et l’exploitation des spectacles créés par son équipe : il s’efforcera également de diffuser des œuvres théâtrales de haut niveau. Il recherchera l’audience d’un vaste public et la conquête de nouveaux spectateurs.
Le ministre chargé de la Culture et le directeur pressenti s’accordent sur un projet artistique qui constitue la mission du Centre dramatique national.
Outre la mission fondamentale de création, ce projet définit, notamment, les orientations en matière de diffusion, de programmations de spectacles invités, d’articulation avec les autres Centres dramatiques nationaux, Scènes nationales et compagnies, et de formation. L’installation du Centre dans un lieu doté des moyens indispensables à son fonctionnement est un préalable à l’exécution de sa mission.
Dans la mesure de ses moyens, le directeur du Centre dramatique national s’entourera d’une équipe artistique, technique et administrative permanente. Il prêtera une attention particulière à la sauvegarde des métiers spécifiques du théâtre.
Le directeur accordera une priorité à la formation et à l’initiation au théâtre en menant des actions conjointes avec les établissements scolaires et les universités de sa zone d’activité.
Le Théâtre de La Criée est l’aboutissement d’une longue réflexion, concrétisée par huit avant-projets successifs.
Le parti retenu a été celui de deux salles différentes, mais complémentaires : une grande salle fixe (gradins béton) traditionnelle de 800 places avec cage de scène, pour la création ou l’accueil des grands spectacles, nécessitant une disposition frontale ; une salle polyvalente, permettant tous les rapports salle-scène, toutes les nouvelles recherches, pour une capacité variant entre 200 et 250 places.
L’accueil du public
L’accès du public s’effectue au niveau de la rue par les bâtiments du quai de Rive-Neuve, en priorité par l‘entrée principale de la Criée, sous les gradins de la grande salle, et d’une manière plus accessoire, à travers la cafétéria.
Au niveau de ce rez-de-chaussée, on trouve une vaste zone d’accueil (billetterie, contrôle, sanitaires), largement ouverte sur le Vieux-Port (ainsi que la cafétéria et ses réserves) implantée à l’angle quai Rive-Neuve et rue Plan-Fourmiguier.
Au niveau supérieur, une vaste mezzanine largement vitrée sur le Vieux-Port complétée d’un grand espace de réunion et d’exposition forme accès et foyer des deux salles.
Le Grand Théâtre
Il occupe l’emplacement de la grande halle de l’ancienne criée. Accès répartis sur trois niveaux.La définition des points particuliers du programme effectuée en intime collaboration avec Marcel Maréchal et ses techniciens, a permis d’affiner l’orientation des études et de dégager pour la grande salle un certain nombre d’options fondamentales en matière de recherche scénographique. La structure d’accueil du public en amphithéâtre, prévue pour 800 places est constituée d’un ensemble de gradins courbes relevés partiellement sur les côtés, assurant au public une courbe de visibilité homogène en tous points.
Les murs latéraux de la salle dessinés en fonction des exigences acoustiques, ménagent une série d’alvéoles destinées soit à la mise en place de projecteurs pour l’éclairage scénique, soit pour servir d’aires de jeu en complément de la scène.
Le plafond technique suspendu dans le vide de la salle, dissocié des réflecteurs acoustiques, est conçu en fonction des impératifs techniques d’éclairage qui exigent une distance relativement réduite entre la source d’éclairage et les aires de jeu.
L’harmonie générale de la salle est composée d’un ensemble de matériaux judicieusement répartis pour obtenir une homogénéité du champ sonore et un temps de réverbération entre 1,1 et 1,3 seconde, selon la nature des manifestations.
Le volume de la salle est complété par une cage de scène équipée d’un gril à combinaisons multiples pour palier la faible hauteur de la scène, due aux contraintes de l’environnement extérieur. Le plancher de scène modulable de conception originale se prolonge latéralement côté jardin.
Le point principal de la recherche scénographique se situe au niveau du rapport “ salle/scène ”.
L’organisation des éléments architecturaux qui le composent est, de ce fait, prépondérant car c’est de lui que dépend la qualité du phénomène d’osmose entre “ acteurs et spectateurs ”.
Pour y satisfaire, un certain nombre d’artifices techniques sont mis en place, entre autre un diaphragme composé de panneaux verticaux et d’un pont mobile de lumière permettant de varier l’ouverture de la baie de scène. Le plus important est de nature purement architecturale : c’est le niveau de la scène de plain-pied avec le niveau bas de la structure d’accueil du public. La suppression de la traditionnelle dénivellation (environ 1 mètre) est le dernier obstacle qui restait à franchir après la suppression des loges et balcons pour qu’une nouvelle orientation scénographique des salles frontales puisse enfin trouver sa véritable expression contemporaine.
Le Petit Théâtre
Il occupe l’emplacement de la petite halle de l’ancienne Criée. La conception de cette salle expérimentale, prévue pour une jauge variable entre 100 et 250 places en spectacle et environ 350 places pour des expositions ou toutes autres manifestations ne nécessitant pas la mise en place de structures d’accueil du public (gradins et sièges).
La conception technique est inspirée d’un studio de télévision ou d’un plateau de production cinématographique. Son aménagement intérieur est réalisable à partir d’un mobilier modulaire “ gradins rétractables avec sièges incorporés – éléments d’estrade ” qui permet, grâce à son extrême souplesse, d’investir l’espace au gré de l’imagination des utilisateurs…
Les locaux techniques
Ils sont situés d’une part au rez-de-chaussée des bâtiments de l’angle de la rue Plan-Fourmiguier : accès comédiens, accès camions, dépôts, foyer de plateau, régie, local d’électricité, chaufferie, et d’autre part en rez-de-chaussée de la criée de chalutage : bureau technique, dépôt de mobilier et accessoires, atelier de couture, lavage, etc.
L’ensemble des régies “ lumière, son, projection ” pour les deux salles est située sur un même niveau pour assurer une parfaite liaison entre les différents techniciens.
Les loges
Les loges sont situées d’une part au niveau des bâtiments de l’angle de la rue Plan-Fourmiguier et, d’autre part, sur deux niveaux du bâtiment dans le prolongement de la Criée du Chalutage, au-dessous du niveau de la rue Plan-Fourmiguier.